avril11
Aujourd’hui vous avez de la chance, je vous emmene avec moi à la BU.
Direction 2eme étage pour essayer de trouver une place où brancher Jack Bauer. C’est un peu la croix et la bannière vu que des 10h du mat’, toutes les places sont prises. Oui, bien que la BU ne soit qu’à moitié pleine, il n’y a pas une seule place de libre. Les étudiants passent le matin tôt, posent 2 ou 3 feuilles sur une table, 3 stylos et se cassent pendant des heures. Il y a tellement peu de vols ici qu’ils laissent leurs ordis seuls. J’avoue l’avoir fait quand je me trimballais mon paquebot, pour être sure d’avoir une place. Mais là , hors de question de laisser Jack pour plus d’un quart d’heure, pour une pause gouter ou pipi.
2eme étage, évidemment, pas de place, sauf celle que personne veut: la mienne. J’ai toujours la même place, sur une table minuscule qui est souvent libre mais AVEC UNE PRISEEEEE. En face de moi, trop de chance aujourd’hui, j’ai le sosie de kevin bacon en un peu moins beau mais la table n’a pas l’air de lui convenir puisqu’il range ses affaires. Hop, Minimarie arrive et fait sa tournée quotidienne: un bisou à Grainne qui étudie pas loin, bonjour à ses colocs, aux italiens (Marie est infiltrée dans la mafia napolitaine et bolognèse), puis elle s’installe assez proche pour pouvoir communiquer en langage des signes sans trop de problème.
Ca y est, je suis installée, j’ai checké mais mails, papoté une bonne heure sur msn, c’est là que mon activité principale commence: je scrute. Ne me prenez pas pour une feignasse, je travaille aussi. Mais c’est vrai qu’à la BU, tu passes la moitié de ton temps la tête levée à observer les autres. J’ai donc pu classer mes congénères en 4 catégories :
- Les glandeurs: Ils ne font même pas semblant de travailler, ils matent des films sur leur ordi tranquillement, dans un espace calme et reposant. Fair enough.
- Les dindes: Ahhhhh, on retrouve nos amies les dindes. Hors du pub elles optent pour une tenue plus soft. Débardeur ou gros sweat. Ici on ne fait pas dans la demi-mesure. Slim ou minijupe. Et surtout, les moonboots rembourrés à la laine de mouton qui a brouté de l’herbe irlandaise des mois durant dans les terres brûlées du Connemara. Très utile ici où le chauffage est à fond et où il fait environ 50 degrés. Elles ont le fond de teint qui luit tellement il fait chaud mais c’est pas grave, les toilettes ne sont pas loins pour aller faire une retouche entre 2 textos. Car la dinde n’étudie pas à la BU, elle envoie des textos, ou répond au téléphone dans le couloir, ou rejoint ses copines dans l’entrée. Fair enough aussi.
- Les acharnés: Tu les retrouves tous les jours, cachés sous des montagnes de livres avec des dessins de cellule, de lapin disséqué, des équations, des schémas. Pas de doute, médecine doit être aussi difficile ici qu’en France. Toutes les 3 heures, ils s’accordent une pause et vont chercher un petit remontant au shop du sous-sol, c’est-à -dire, une barre céréalière. Ils me font me sentir un peu coupable.
Et puis il y a les autres, Minimarie, moi, les gens normaux qui étudient un peu, papotent un peu, font des pauses souvent, envoient aussi des textos et répondent au téléphone en chuchotant, mâchonnent un crayon, glandouillent sur msn, stressent pour les partiels qui approchent, et surement se scrutent les uns les autres comme je suis en train de le faire et peut-être même écrivent un article sur leur blog…
Marie
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