Régulièrement, je constate qu’il existe une réelle pression sociale autour de l’éclatage du bouton.
Je ne suis pas très sujette aux boutons d’acné mais mes retours dans le Sud-ouest offrent souvent cette contre-partie. Quelques soirées bien arrosées + un peu trop de charcuterie + hormones capricieuses = 1 bouton ou 2. C’est pas si cher payé finalement. Néanmoins, je constate que le regard du monde extérieur sur ma peau de Poussine change radicalement.
Vers 13 ans, tu as quelques boutons sur tout le visage, mais tous tes copains aussi. Le drame qu’est l’apparition d’un nouvel habitant sur ton menton n’est qu’une contrariété parmi d’autres, entre ton mec qui t’a fait la bise ce matin, Jennifer qui te cause plus, et le prof de math « qui est vraiment trop con ». Eau précieuse et Biactol rythment tes journées et tu envoies ta mère à la pharmacie toutes les semaines pour acheter le nouveau truc qui marche vraiment cette fois, car c’est Jennifer qui te l’a dit, avant d’entamer sa grève de l’amitié.
Vers 15 ans, tout a changé. Tu es maintenant une femme, tu prends la pilule, et tous tes vieux cratères sont en phase terminale et vont bientôt disparaitre de ta vie. Tu te sens plus mûre que les mecs « qui sont vraiment trop cons » et qui en plus, on toujours des boutons eux, car dans les capotes, il n’y a pas diffusion d’hormones intégrée.
Vers 20 ans, l’acné n’est plus qu’un lointain souvenir, tu es au top de ton corps et de ta forme, tu fais du sport, tu manges sain, tu bois un peu de vin, mais c’est bon pour le cœur.
Vers 25 ans, Erasmus est passé par là. Tu as oublié qu’on ne buvait pas la bière par demi-litre en France. Tu ne conçois pas un bon repas sans une, ou deux, ou trois bouteilles de vin. Tu es une frustrée de la charcuterie et du magret qui te rappelle tellement comme ta région est culinairement agréable.
Et là, inévitablement, un bouton tente une percée, et comme tu t’en fous, tu le laisses s’installer. Tu te dis qu’au milieu des tâches de rousseur, ça va passer inaperçu. Puis tu te rends compte qu’il n’y a que toi qui se fout de ce bouton. Le monde entier, autour, n’a d’yeux que pour ce spot. Tu sens bien cette pression qu’il y a autour de ce petit monticule, ces regards interrogateurs « mais pourquoi elle perce pas ce truc blanc immonde ? », « mais elle a pas du fond de teint pour cacher cette horreur ? ». Ton amoureux ne veut même plus t’approcher ou t’embrasser, de peur de voir cette pâte à dentifrice finir écrasée dans sa barbe. Ton conseiller du Pôle Emploi n’ose pas te regarder dans les yeux et évite cette partie de ta peau qui semble l’éblouir. Tes amis ne te font plus la bise mais un gros câlin ou une accolade pour te dire bonjour. Ta famille ne touche pas aux pâtes à la carbonara que tu as préparées avec amour car bizarrement, personne n’a faim. Toutes les photos où tu apparais sont floues. Ta voisine ne vient plus te demander du sucre et n’a pas le temps pour prendre un café. Tu n’essayes même pas de sortir en boite car tu sais que la lumière noire va trahir ta condition et faire ressortir ces points blancs. Tu es exclue.
Et moi ? Moi j’ai cédé depuis longtemps, j’ai juste le menton qui pisse le sang.
Poussine



Moi c’est pas le menton, mais le front qui pisse le sang ! Saloperie d’insertion sociétale !!!
« Tu as oublié qu’on ne buvait pas la bière par demi-litre en France. »
J’adore, c’est tellement vrai !! Vive l’Irlande !
Sinon je suis comme toi, une maniaque, dès que j’en ai un, je ne peux pas m’empêcher de l’éclater !
j’avoue je comprends pas les gens qui petent pas leurs boutons ! ou qui camouflent pas !
apres chacun vis sa vie hein mais c’est vrai qu’on sait plus ou les regarder !
moi j’ai 30 ans les 1eres rides et toujours le bouton quite gache l’existance….